Dans la Maison (bleue) des Himalayas, située à Kullu (Himachal Pradesh, Inde),découvrez l'actualité du projet Handimachal pour enfants handicapés.
Plus active sur le terrain, beaucoup moins présente derrière l’ordinateur en juillet-août… me voilà maintenant revenue sur le « droit
chemin » parisien, en situation inverse ! (mais cependant complémentaire). Il est donc temps de vous donner quelques nouvelles de l’Unité Handimachal, avec deux articles écrits
récemment par Séverine et Emma, les
deux ergothérapeutes françaises actuellement en mission à Kullu.
Comme au Ladakh au mois d’août, la ville de Kullu a subi ces derniers jours un de ces fameux cloudburst (un gros orage) et une coulée de boue a traversé la ville : heureusement sans commune mesure avec celle de Choglamsar et aussi sans grandes conséquences ! Juste de quoi nous rappeler que c’est encore la nature qui commande – même si les gens de Kullu, j’en suis persuadée, y auront bien trouvé une explication « divine »… Kohi baat nahi, ce n’est pas grave, passons !
Ce qui est plus réjouissant, c’est que notre petit projet progresse bien à Kullu, du point de vue de la fréquentation des enfants, de notre implication dans la communauté et de la reconnaissance locale, résultat d’un travail sans relâche et de la motivation de l’équipe. Mais comme dans une petite entreprise, la « gestion » de l’équipe se révèle aussi un challenge de taille : on apprend tous les jours !
C’est dimanche matin (19 septembre) qu’arrivera la nouvelle ergothérapeute britannique, Catriona, qui travaillera en équipe avec Séverine jusqu’à mi-décembre, puis seule jusqu’à mi-mars – à moins que nous ne trouvions une autre bénévole ou que nous puissions recruter un ergothérapeute indien avant cette date.
Dominique (trajet RER du 17 septembre matin...)
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Kullu a été un peu secouée par un cloudburst survenu dans la nuit du dimanche au lundi. En quelques heures, les petits ruisseaux se sont transformés en violents cours d’eau, emportant sur leur passage des portions de route. La route a été complètement inondée de boue en de nombreux endroits ce qui a paralysé la ville pendant deux jours. Mais le temps est redevenu clément et la vie reprend son cours.
A l’Unité Handimachal, nous comptons de nouveaux petits patients dans nos registres. Presque une vingtaine en un mois ! Apparemment, l’information de l’existence du centre commence à bien circuler. Certains viennent suite à une recommandation de leur médecin, d’autres par le bouche-à-oreille, d’autres suite aux camps de sensibilisation. Le dernier a d’ailleurs été un « succès ». Beaucoup de villageois ont répondu présents, nous avons examiné 4 enfants dont 3 viennent maintenant régulièrement à l’Unité Handimachal pour une prise en charge.
Chez nos petits patients : Joshia (le petit bébé qui apparaît en premier dans la vidéo) a déménagé à Leh. Nous nous sommes assurés qu’il puisse suivre une thérapie là-bas. Nous avons trouvé avec ses parents un centre de rééducation qui prend en charge les enfants handicapés à la journée. Il nous manque beaucoup.
Nous faisons fabriquer une chaise spéciale pour
Abhishek. Le but est d’éviter de pires déformations au niveau de sa colonne, de permettre une utilisation de ses bras et une participation à la vie de la maison (voir ce qui se
passe, ce que font ses proches...). Malheureusement le charpentier est très lent...
Himanchu est un enfant de 2 ans rencontré au dernier camp de sensibilisation à Bhalyani (en photo). Il souffre d’Infirmité Motrice Cérébrale. Nous travaillons avec lui la stimulation sensori-motrice, les étapes de développement moteur normal d’un enfant à son âge, la tonicité du dos et du cou.
Maintenant que notre effectif de patients s’étoffe, de nouveaux projets se dessinent. Nous comptons notamment mettre en place des activités de groupe afin de rendre les choses plus interactives et de travailler sur la sociabilité des enfants (notamment les déficients mentaux et les autistes). Nous allons donc aménager la salle du fond (enfin libérée du matériel qui l’encombrait) en salle d’activités manuelles. Nous y organiserons des ateliers peinture, dessins, bricolage, papier mâché et peut-être même un atelier-cuisine. Malheureusement nous devons attendre les tables nécessaires qui seront fabriquées par le charpentier.
La salle Snoezelen nous permet d’avoir des séances très intéressantes. Notamment avec Atharav : d’habitude très difficile et capricieux, il se montre très apaisé et coopératif dans cette pièce.
Nous accueillons dimanche Catriona, qui prendra le relais à NAV-Chetna et à l’Unité Handimachal pendant mon absence de trois semaines. Me voilà maintenant à mi-parcours de mon intervention ici...
Séverine Crampe, 14 septembre 2010
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Bientôt un mois que je suis à Kullu... Le stress engendré par ce voyage a bien vite été balayé par l’accueil chaleureux que l’on m’a fait !
Comme nous sommes actuellement deux ergothérapeutes à l’Unité Handimachal, et que le nombre de patients n’en nécessite qu’un seul, j’ai donc commencé mon intervention à l’école Nav-Chetna pour enfants déficients mentaux. La première approche de cette école et les débuts de mon intervention ont été laborieux. Les locaux vétustes, le peu de matériel et le manque de formation des professeurs représentent inévitablement un frein à l’apprentissage pour ces enfants.
Mon intervention là-bas consiste premièrement à faire des bilans des capacités cognitives des enfants ainsi qu’à détecter ceux dont l’état physique nécessite une rééducation suivie à l’Unité Handimachal. En fonction de ces bilans je peux ainsi guider les professeurs sur ce que l’enfant est capable de faire, de comprendre... ainsi que prendre en séance directement à l’école ceux pour qui une rééducation ergothérapique cognitive peut être bénéfique. Le second motif de ma présence est d’aider les professeurs à améliorer les cours. En effet, lorsque je suis arrivée, la seule activité proposée aux enfants était de recopier des lettres, des mots, des chiffres... Tous les enfants faisaient la même chose et recommençaient jour après jour, quel que soit leur niveau de compréhension...
Depuis une ou deux semaines des changements s’opèrent à l’école. Bien que n’étant pas professeur spécialisé moi-même, j’ai pu expliquer mes idées pour rendre les cours plus attractifs, plus inter actifs et surtout plus adaptés aux capacités des enfants présents ici. Grâce à Ajay, qui a fait office de traducteur, j’ai transmis mes nombreux conseils aux professeurs et au directeur de l’école.
C’est depuis ce « meeting » que chaque jour je constate des changements, dans l’organisation des cours ou dans l’achat de nouveau matériel, et que je perçois une réelle motivation chez les enseignants. Certes, il reste encore beaucoup à faire et de nombreuses choses à améliorer mais ces premiers changements en annoncent d’autres à venir et sont, je pense, de bonne augure.
Dans un peu plus d’une semaine je quitterai Kullu et l’école Nav-Chetna. Je laisse ma place auprès des enfants de l’école à Catriona qui, j’en suis sûre, poursuivra avec autant d’engouement cette intervention auprès de cette petite association.
Emma Angebaud, 14 septembre 2010